Alors que la tension politique monte en RDC, l’Évêque Stalon Baginyo du « Camp de Dieu » recadre : l’Église rassemble des croyants d’opinions opposées. Sa mission n’est pas de choisir un camp, mais de guider les consciences vers le bien commun, la justice et la paix.
*L’Église et la politique : mariage impossible ou influence légitime ? Dans une prise de position diffusée cette semaine, *l’Évêque Stalon Baginyo, du Camp de Dieu*, revient sur la place de l’institution religieuse face aux appartenances partisanes de ses fidèles.
Le constat est celui où les bancs des églises réunissent des citoyens qui ne votent pas pour les mêmes candidats, ne soutiennent pas les mêmes mouvements, et dont les positions peuvent même contredire les déclarations officielles de leur confession.
Une tension entre magistère et conscience
Pour l’évêque, cette divergence naît d’un fait structurel : d’un côté, le magistère de l’Église qui propose des repères moraux qu’il juge utiles au bien commun ; de l’autre, la liberté de conscience du croyant qui fait ses choix électoraux selon ses convictions personnelles.
D’où la conclusion posée par Stalon Baginyo : nécessité d’une séparation des rôles entre l’institution spirituelle et l’arène partisane. L’Église ne gouverne pas, elle éclaire.
Trois principes pour garder l’Église au-dessus des clivages
L’homme de Dieu décline la posture que doit garder l’Église en période électorale ou de crise politique :
- La transcendance de la foi : Avant d’être membre d’un parti politique ou indépendant, le fidèle est d’abord disciple. L’identité de l’Église repose sur l’Évangile, pas sur une carte de parti.
- La guidance morale : Son rôle est de rappeler des valeurs universelles – amour, vérité, solidarité, respect de la dignité humaine, subsidiarité – pour éclairer les dirigeants comme les électeurs. Sans prendre le pouvoir, ni désigner un candidat.
- L’impartialité institutionnelle : En refusant tout favoritisme politique, l’Église protège sa crédibilité. Elle reste un « espace de réconciliation et de dialogue » où des adversaires politiques peuvent encore se regarder comme frères et sœurs.
Un appel aux serviteurs de Dieu
L’évêque conclut par une interpellation aux leaders ecclésiastiques en disant, rester « sel de la terre » et « lumière du monde ». fidélité à la mission sociale et évangélique, pour que « le Règne de Dieu vienne et que Sa Volonté soit faite », au-dessus des calculs partisans.
« Que la Parole de Dieu demeure lampe à nos pieds et lumière sur notre sentier » exhorte-t-il.
En RDC, l’Église pèse politiquement parce qu’elle pèse moralement.
Le rappel de l’Évêque Baginyo sonne comme un garde-fou : influencer les consciences oui, remplacer l’urne non.
Jeremiah UPAR
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