Après la colère des sinistrés, la version de l’Hôtel de Ville. Le Maire de Bunia, Colonel Bosco Mbui Kola, assume la démolition d’une vingtaine de maisons au cimetière de Nyamurongo avec pour motif constructions illégales sur domaine public, vendues « en complicité avec des vieux sages ». Il donne 48h aux occupants pour déguerpir.
Á BUNIA, Le silence de l’autorité est tombé. Quelques heures après la démolition de plusieurs maisons aux abords du cimetière de Nyamurongo, le Colonel Bosco MBUYI KOLA, Maire de la ville de Bunia, est sorti du mutisme pour expliquer l’opération.
Ce jeudi 25 juin 2026, sur ordre de la justice, Certains habitants occupant le terrain de cimetière de Nyamurongo ont rasé une vingtaine d’habitations érigées « illégalement » sur un site public, au niveau du cimetière de Nyamurongo, quartier Ndibe, en commune Shari.
« Une profanation aux morts »
Pour le Maire, il n’y a pas de débat, on ne bâtit pas sur les morts.
« Construire dans un cimetière sans respect de procédure ni norme constitue une profanation aux morts » a martelé le Colonel Mbui Kola.
Il accuse certains individus d’avoir bâti en complicité avec « quelques vieux de sages », en vendant des parcelles qui ne leur appartenaient pas.
« Ce n’est qu’en Ituri que le cimetière est pris sans valeur. Partout ailleurs en RDC, le cimetière est un endroit de respect, de grand intérêt culturel, spirituel et moral » a-t-il ajouté, en référence à la valeur sacrée du lieu.
48h pour quitter et se retourner contre les vendeurs
L’autorité urbaine ne compte pas revenir sur la décision. Message aux occupants :
« La justice m’a donné l’injonction celle de leur demander de quitter dans 48 heures et aller réclamer le remboursement de leur argent auprès de ceux qui leur avaient vendu et accordé illégalement des parcelles dans le cimetière non encore désaffecté ».
l’Hôtel de Ville dégage les maisons, mais refuse d’indemniser. La responsabilité, dit-il, incombe aux vendeurs véreux.
L’opération va s’étendre
Le Maire annonce que Nyamurongo n’est qu’un début. La même opération de « déguerpissement » va s’intensifier sur tous les cimetières des trois communes de Bunia. Et chaque bourgmestre est tenu d’appliquer l’instruction dans sa juridiction.
Deux récits, une même ruine
D’un côté, des familles qui brandissent des « documents légaux » et dénoncent une démolition sans préavis. De l’autre, la mairie qui parle de spoliation du domaine public, de vente frauduleuse et de non respect des normes urbanistiques et sanitaires.
Reste la question de fond, comment des dizaines de parcelles ont-elles pu être vendues et bâties pendant des années autour d’un cimetière, sans que l’État n’intervienne plus tôt ?
À Bunia, la loi rattrape l’anarchie foncière. Mais quand elle frappe, elle le fait d’un coup, laissant derrière elle des décombres, des dettes, et des familles à reloger.
Jeremiah UPAR
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