Plusieurs habitations érigées aux abords du cimetière de Nyamurongo ont été démolies ce jeudi matin par des agents du service de sécurité. Une opération surprise qui choque les propriétaires, tous munis, disent-ils, de documents légaux. Les autorités restent pour l’instant silencieuses.
Réveil brutal pour les riverains du cimetière de Nyamurongo, dans la commune Shari.
Au petit matin, des engins et des éléments du service de sécurité ont lancé la démolition de plusieurs maisons construites à proximité du site funéraire.
Sous les yeux des familles impuissantes, murs, toitures et biens personnels ont été réduits à l’état de gravats en quelques heures.
« On n’a rien reçu comme avis »
Sur place, la colère et l’incompréhension dominent. Les habitants dénoncent une opération menée sans préavis, sans sommation, sans dialogue.
« Nous avons tous des documents légaux d’occupation de ces parcelles. Personne ne nous a prévenus. On est venus casser comme ça, du jour au lendemain » s’indigne un propriétaire dont la maison a été rasée.
Même son de cloche chez les voisins : titres de propriété, fiches parcellaires, les papiers seraient en règle. Pour eux, cette démolition ressemble à une spoliation plus qu’à une opération d’assainissement.
Zone non aedificandi ou litige foncier ?
Le cimetière de Nyamurongo est l’un des plus anciens de Bunia. Selon la loi et les règlements urbanistiques, une servitude de protection entoure généralement les cimetières, interdisant toute construction à une distance définie pour des raisons sanitaires et de décence.
Mais plusieurs familles affirment avoir acquis et bâti sur ces terrains il y a des années, avec l’aval des services compétents de l’époque. D’où la question qui revient dans toutes les bouches , pourquoi détruire aujourd’hui ce qui a été toléré hier ?
Contactées, les autorités compétentes – mairie, urbanisme, service de sécurité – ne se sont pas encore prononcées officiellement sur l’opération ni sur le statut juridique exact des parcelles détruites.
En attendant leur version, les sinistrés réclament au minimum une enquête et, pour certains, une indemnisation. D’autres, à même le sol devant les décombres, cherchent encore où loger dès ce soir.
À Bunia comme ailleurs en Ituri, la pression foncière pousse les habitants à construire partout, y compris aux limites des espaces publics. Quand l’État frappe, c’est souvent sans médiation. Ce qui fait qu’il y a des familles à la rue et une méfiance qui grandit entre population et autorité.
La rédaction suit l’évolution de ce dossier et reviendra sur la position officielle des services dès qu’elle sera connue.
Jeremiah UPAR
Suivez nous en direct sur www.rtavenirituri.com
![]()
