La prison centrale de Beni-Kangbayi a encore cédé. Dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 octobre 2026, douze détenus se sont évadés, dont quatre ressortissants ougandais présumés ADF, selon nos sources.
Le mode opératoire révèle la précarité de l’établissement. Les fugitifs auraient scié les dispositifs antivol à l’arrière du pavillon avant de s’échapper à l’aide de draps noués en corde. Le treizième, surpris par des bruits inhabituels, a été maîtrisé in extremis par les gardes.
Les services de sécurité ont lancé une opération de ratissage dans les quartiers environnants, tandis qu’une enquête est ouverte pour déterminer d’éventuelles complicités internes.
Cette évasion, la troisième en moins de deux ans, remet au cœur du débat l’effondrement du système pénitentiaire à Beni. Construite en 1950 pour 200 places, Kangbayi héberge aujourd’hui plus de 1 300 détenus, soit six fois sa capacité, d’après la société civile. Une promiscuité qui favorise les évasions, les maladies et les mutineries.
Dans une ville déjà sous pression sécuritaire avec les menaces ADF et la criminalité urbaine, la fuite de détenus, dont certains au profil dangereux, fait craindre une aggravation de l’insécurité.
Muhindo Joseph
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