Entebbe en Ouganda, une rencontre entre des responsables congolais et une délégation de la Convention pour la révolution populaire (CRP), conduite par Thomas Lubanga Dyilo, s’est tenue le 9 octobre 2026 à Entebbe, sous les auspices du président Ougandais Yoweri Kaguta Museveni. Selon le compte rendu publié par la CRP, les échanges ont notamment porté sur la situation sécuritaire en Ituri, les difficultés liées au processus de paix et les conditions d’un retour à la stabilité dans cette province de l’est de la République démocratique du Congo.
La rencontre a réuni, du côté congolais, le gouverneur militaire de l’Ituri, le Général-major Gaby Kasongo Mulumba, accompagné notamment du conseiller du chef de l’État congolais, Max Nissan Amade, du chef d’état-major général adjoint des FARDC, le Lieutenant-général Jacques Kyaligonza Nduru, ainsi que du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Évariste Kakule Somo. La délégation de la CRP était conduite par son président, Thomas Lubanga Dyilo.
D’après ce compte rendu, le Président Ougandais a insisté sur la nécessité de privilégier la voie politique pour parvenir à la paix dans la région des Grands Lacs, en mettant en avant les enjeux économiques et sociaux pour les populations.
Des versions divergentes sur la situation sécuritaire en Ituri
Au cours des échanges, Thomas Lubanga Dyilo aurait exprimé ses préoccupations concernant la persistance de l’insécurité en Ituri. Le responsable de la CRP a notamment formulé des accusations relatives à de prétendues collaborations entre des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des combattants de la CODECO.
Le compte rendu de la CRP évoque également des attaques contre plusieurs localités, dont Jina, Maze, le site de Rhoo, Blukwa et Kparnganza, ainsi que des pertes en vies humaines et des pillages de bétail. Il fait état de 31 civils tués lors d’une attaque qui aurait visé la localité de Maze le jour même de la rencontre.
Ces allégations, particulièrement graves, sont rapportées ici sur la base du document de la CRP et n’ont pas été corroborées de manière indépendante par les sources officielles de la République démocratique du Congo.
La situation des personnes déplacées a également occupé une place importante dans les discussions. La CRP a dénoncé ce qu’elle présente comme une intervention des militaires dans des sites d’accueil, notamment à Kigonze, où elle fait état de morts, de blessés, de pillages, de violences sexuelles et de destructions d’abris.
Ces accusations appellent des vérifications indépendantes et, le cas échéant, des éclaircissements des autorités compétente comme l’avait souhaité par ailleurs l’Évêque Catholique du Diocèse de Bunia, gestionnaire dudit site.
Le gouverneur militaire présente sa lecture des événements
Toujours selon le compte rendu publié par la CRP, le gouverneur militaire de l’Ituri a, pour sa part, présenté les principaux défis auxquels il affirme avoir été confronté depuis sa prise de fonctions, le 14 juin 2026. Il a notamment cité la situation sécuritaire, l’épidémie de maladie à virus Ebola et la problématique des personnes déplacées.
Le Général-major Gaby Kasongo Mulumba aurait également souligné les contacts engagés avec les communautés de l’Ituri et estimé que certaines initiatives avaient contribué à réduire les tensions. Il aurait par ailleurs accusé la CRP d’être impliquée dans des incidents ayant coûté la vie à des militaires des FARDC.
Les deux parties présentent ainsi des versions divergentes de plusieurs événements sécuritaires. En l’absence de vérifications indépendantes, il convient de ne pas considérer ces accusations réciproques comme des faits définitivement établis.
Un nouveau rendez-vous annoncé dans deux semaines
À l’issue de la rencontre, le p
Président Ougandais aurait proposé, selon le même document, la tenue de nouveaux échanges techniques dans un délai de deux semaines. Il aurait également appelé les deux parties à donner des instructions à leurs éléments respectifs sur le terrain afin d’éviter, autant que possible, de nouvelles confrontations armées.
Cette perspective pourrait constituer une étape supplémentaire dans la recherche d’une solution politique à la crise sécuritaire en Ituri. Sa portée réelle dépendra toutefois de la concrétisation de ces échanges et des mesures effectivement prises sur le terrain.
La position officielle de Kinshasa reste attendue
Il importe de préciser que les informations rapportées, une communication officielle du gouvernement de la République démocratique du Congo sur cette rencontre est toujours attendue.
À ce stade, la position officielle de Kinshasa sur les discussions d’Entebbe, les accusations formulées au cours de celles-ci et les prochaines étapes annoncées n’est pas disponible dans les éléments consultés par la rédaction.
Dans ce contexte, la prudence reste de mise. Les conclusions sur la portée politique de cette rencontre, les responsabilités liées aux incidents évoqués et les perspectives du processus de paix devront tenir compte des éclaircissements des autorités congolaises ainsi que des éventuelles vérifications indépendantes.
Au-delà des déclarations des différentes parties, l’enjeu essentiel demeure la protection des populations civiles, la réduction des violences et la recherche d’une paix durable en Ituri.
Justin-Joël Maraeki.
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