C’est sa deuxième sortie majeure en 17 mois. Ce vendredi 9 octobre 2026, l’ancien président Joseph Kabila, silencieux depuis son adresse du 23 mai 2025, a repris la parole pour une charge frontale contre le régime de Félix Tshisekedi, qu’il évite de nommer.
Le décor et le ton sont lourds de symboles. En costume bleu nuit, s’exprimant depuis Goma, chef-lieu du Nord-Kivu aujourd’hui sous contrôle de l’AFC/M23, l’ancien Raïs dénonce un « retour de la dictature, sous sa forme la plus détestable, la tyrannie ».
Il accuse le pouvoir de Kinshasa d’avoir érigé le tribalisme et le népotisme en mode de gouvernance, d’instrumentaliser la puissance publique et de stigmatiser des minorités. Une « gestion patrimoniale de l’Etat » qui, selon lui, a fait « voler en éclats la cohésion nationale ».
« La paix et le vivre ensemble ont fait place à des conflits identitaires, à l’insécurité et à la guerre », tranche-t-il.
Cette sortie intervient dans un contexte judiciaire explosif. Condamné à mort par contumace par la justice militaire congolaise pour « participation à un mouvement insurrectionnel », et visé depuis peu par des sanctions du Trésor américain pour son soutien présumé à la coalition AFC/M23, Kabila n’a plus rien d’un ancien chef d’Etat en réserve.
Pour ses détracteurs à Kinshasa, parler depuis Goma confirme son alignement. Pour ses partisans, c’est la preuve qu’il reste un acteur incontournable de la crise.
Muhindo Joseph
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