La mort d’un proche est l’une des épreuves les plus douloureuses qu’une famille puisse traverser. Dans nos communautés, les rites funéraires occupent une place fondamentale. Toucher le corps, le laver, l’habiller, prier autour de lui, l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure : tout cela participe au processus de deuil. Mais lorsqu’un décès est lié à Ebola ou constitue un cas suspect, certaines pratiques peuvent devenir dangereuses.
Le corps d’une personne décédée d’Ebola peut encore présenter un risque de transmission. Les contacts directs avec le corps, notamment lors de certaines cérémonies funéraires, peuvent donc exposer les proches et les membres de la communauté.
Un enterrement sûr peut rester digne. La famille peut être associée au processus. Les rites religieux et culturels peuvent, lorsque cela est possible et sécurisé, être respectés.
L’essentiel est d’éviter les contacts dangereux avec le corps et de collaborer avec les équipes formées pour les enterrements dignes et sécurisés. C’est ici que le dialogue devient indispensable. Les familles endeuillées ne doivent pas être traitées comme des adversaires. Elles doivent être écoutées, accompagnées et respectées. Parce qu’une famille qui comprend pourquoi certaines mesures sont nécessaires est davantage susceptible de les accepter.
Honorer nos morts et protéger nos vivants ne sont pas deux valeurs contradictoires. Elles peuvent marcher ensemble. Alors, face à Ebola, faisons du deuil un moment de dignité, de compassion et de protection. Respecter les morts, c’est aussi protéger ceux qui restent.
Justin-Joël Maraeki.
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