En Ituri, le mot «Ebola» suffit parfois à provoquer la peur. Pour certains, il évoque immédiatement la mort. Pour d’autres, il nourrit les rumeurs, la méfiance et même le refus de certaines mesures de riposte.
Mais face à Ebola, une chose est certaine : la peur ne protège pas. La connaissance, oui.
La maladie à virus Ebola se transmet principalement par contact direct avec le sang ou les liquides biologiques d’une personne malade ou décédée. Les objets contaminés peuvent également constituer un risque. C’est pourquoi le contact physique rapproché avec une personne malade et la manipulation d’un corps décédé doivent être évités.
Cela signifie-t-il qu’il faut fuir son voisin, rejeter une famille ou stigmatiser une personne suspectée d’avoir Ebola ? Non.
La lutte contre Ebola ne consiste pas à abandonner les malades. Elle consiste plutôt à les orienter rapidement vers les structures appropriées afin qu’ils puissent recevoir des soins et que le risque de transmission soit réduit.
Derrière chaque cas d’Ebola, il y a une famille, une mère, un père, un enfant, un frère ou une sœur. La maladie ne doit donc pas devenir un prétexte à la discrimination.
La communauté a un rôle déterminant. Signaler rapidement une personne présentant des signes suspects, accepter les conseils des équipes de santé, éviter les contacts à risque et partager uniquement des informations vérifiées sont autant de gestes qui peuvent contribuer à sauver des vies.
Et surtout, ne transformons pas nos téléphones en instruments de propagation de la peur. Avant de partager une vidéo, un audio ou un message alarmant sur WhatsApp ou Facebook, posons-nous une question simple : «Est-ce vrai ? Et quelle est ma source ?»
Dans une épidémie, une fausse information peut faire presque autant de dégâts qu’un mauvais comportement.
L’OMS rappelle que la mobilisation communautaire est essentielle pour contrôler une flambée d’Ebola. Les populations doivent être informées, mais surtout associées à la riposte et entendues dans leurs préoccupations.
Alors, chers Ituriens, ne laissons pas la peur décider à notre place. Informons-nous. Protégeons-nous. Alertons rapidement. Écoutons les professionnels de santé. Parce que contre Ebola, la première victoire commence lorsque la peur cède la place à la connaissance.
Justin-Joël Maraeki.
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