La Cour de cassation doit examiner le 26 octobre prochain le dossier qui oppose Moïse Katumbi à son demi-frère Raphaël Katebe Katoto. Un litige immobilier qui intervient sur fond de profond désaccord politique entre les deux hommes.
Raphaël Katebe Katoto s’affiche comme soutien du pouvoir en place et souhaite que Félix Tshisekedi reste au pouvoir « cinq, même six mandats « .
De son côté, Moïse Katumbi, figure majeure de l’opposition toujours en exil, rejette toute perspective de changement constitutionnel ouvrant la voie à un nouveau mandat.
Trois résidences et deux fermes au cœur du litige
Sur le plan judiciaire, Raphaël Katebe Katoto revendique trois résidences et deux fermes. Selon des documents consultés par RFI et présentés par l’entourage de Moïse Katumbi, plusieurs écrits signés par Raphaël Katebe Katoto lui-même attesteraient de la vente de ces biens à son demi-frère.
Parmi ces documents figure une lettre de mars 2005 où Raphaël Katebe Katoto se présente comme vendeur d’une villa située avenue Lofoi, à Lubumbashi, et désigne Moïse Katumbi comme acheteur, avec un solde de 250.000 dollars. Une confirmation datée de 2006 mentionne la réception de ce solde. D’autres écrits, datés de décembre 2006, porteraient sur des bâtiments à Kashobwe et des installations à Kalemie.
Une procédure contestée
Les avocats de Moïse Katumbi contestent la procédure et la compétence même de la Cour de cassation à juger ce dossier. Ils dénoncent une possible instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
De son côté, Raphaël Katebe Katoto affirme que la procédure remonte à 2024, qu’elle n’est pas liée à son séjour à Lubumbashi, et renvoie ses contradicteurs devant les juges.
La décision de la Cour de cassation est attendue comme un test sur l’indépendance de la justice dans une affaire où liens familiaux et rivalités politiques se mêlent.
Muhindo Joseph
![]()
