À deux mois de l’anniversaire de l’Accord de Washington signé en décembre 2025 entre la RDC, les USA et le Rwanda, le bilan de sa mise en œuvre est jugé largement négatif. Sur le terrain, aucune avancée majeure n’est observée, tandis que la pression internationale s’accentue sur Kigali.
Un constat qui fait désormais l’unanimité : le Rwanda n’a pas évacué les territoires qu’il occupe, avec ses supplétifs du M23-AFC, dans l’Est de la RDC, comme l’exige la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies. C’est le constat dressé à l’issue du dernier tour de table de la communauté internationale sur la crise congolaise.
Cette non-exécution de la résolution de l’ONU a fini par mettre mal à l’aise la communauté internationale elle-même. Face à ce blocage, plusieurs capitales envisagent des mesures plus contraignantes. C’est le cas des États-Unis, qui seraient, selon plusieurs sources, sur le point de décréter une nouvelle série de sanctions contre le régime de Kigali.
La contradiction a été mise en exergue lors de la 81ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, après les déclarations de la RDC et du Représentant du Secrétaire général de l’ONU en RDC. D’un côté, Kinshasa s’emploie à vider l’alibi des FDLR régulièrement brandi par Kigali. De l’autre, le Rwanda ne s’est pas senti dans l’obligation de retirer ses troupes et celles du M23-AFC du territoire congolais.
Autre fait marquant : selon des observateurs, la crise congolaise a été évoquée lors de la récente rencontre à Washington entre les dirigeants chinois et américains. Les deux puissances auraient souligné l’urgence d’harmoniser leurs positions sur la question des minerais critiques, un dossier intimement lié à la stabilité de l’Est de la RDC.
Le double constat de l’échec de la mise en œuvre de la résolution onusienne et de la nécessité de traiter la question des FDLR a été au centre du dernier rapport du Représentant du Secrétaire général. Il a poussé l’ONU à accentuer la pression et Washington à envisager des sanctions.
Dans cette dynamique, l’ambassadrice du Rwanda aux USA a été convoquée la semaine dernière au Département d’État américain, où la détermination de Washington à boucler rapidement la crise dans l’Est a été réaffirmée.
Sur le plan diplomatique régional, le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi s’est rendu à Brazzaville pour rencontrer son homologue Denis Sassou Nguesso. Au-delà de la crise de Maluku qui a opposé les deux Congo, les échanges auraient porté sur la sensibilité de Paris sur le conflit de l’Est de la RDC.
Muhindo Joseph
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