La situation épidémiologique évolue favorablement et une accalmie sécuritaire s’observe dans plusieurs parties de l’Ituri, estime Maître Alyegera Nyakulinda Moïse. Dans une déclaration consacrée notamment à la situation sécuritaire et humanitaire de la province, l’ancien député national appelle à mettre fin à ce qu’il qualifie de « manipulations » autour des sites de déplacés et encourage le retour progressif des populations dans leurs milieux d’origine.
Sur le plan sanitaire, Maître Alyegera Nyakulinda affirme que la courbe épidémiologique est « baissière », faisant état d’une diminution des cas enregistrés par les équipes de riposte.
Abordant la sécurité, il soutient qu’une accalmie est actuellement observable non seulement dans le territoire de Djugu, présenté comme l’un des principaux foyers des violences armées, mais également dans les cinq territoires de la province.
L’ancien élu met toutefois en cause certains acteurs politiques qu’il accuse de contribuer à la manipulation de la population. Il accuse également les éléments de la CRP de Thomas Lubanga de maintenir, selon lui, des personnes déplacées dans une situation qui ne favorise pas leur retour effectif dans leurs villages.
Concernant les récents événements autour des sites de déplacés de l’ISP et de Kigonze, Maître Alyegera Nyakulinda affirme que les forces de défense et de sécurité auraient été alertées de la présence d’armes dans ces sites. Selon les faits réels, leur intervention visait à récupérer ces armes et avait été suivie de tirs attribués aux éléments de la CRP.
Ces affirmations relèvent de la version présentée par l’ancien député dans sa déclaration. Elles interviennent dans un contexte où la question de la protection des sites de déplacés et des conditions de leur éventuel retour demeure particulièrement sensible.
Maître Alyegera Nyakulinda dit par ailleurs avoir récemment parcouru le territoire de Djugu, notamment de Iga-Barrière vers l’intérieur du territoire. Il affirme avoir constaté une présence des forces de défense et de sécurité dans plusieurs zones et estime que les conditions permettraient progressivement aux populations de regagner leurs villages.
Pour lui, le maintien prolongé dans les sites de déplacés expose notamment les enfants et les femmes à des conditions difficiles. Il plaide ainsi pour un retour accompagné par des mesures de reconstruction, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé, des routes de desserte agricole et des activités génératrices de revenus.
L’ancien député interpelle également les chefs coutumiers, qu’il invite à regagner leurs entités d’origine afin, estime-t-il, de contribuer à rassurer les populations et à favoriser leur retour.
Sur le plan économique, il appelle les opérateurs économiques à ne pas transformer les sites de déplacés en espaces commerciaux échappant, selon lui, aux règles fiscales.
Enfin, Maître Alyegera Nyakulinda adresse un message particulier à la jeunesse de l’Ituri. Il l’exhorte à refuser la violence et à ne pas se laisser instrumentaliser dans des luttes politiques. Il plaide pour que l’énergie de la jeunesse soit plutôt orientée vers la paix, l’éducation, l’entrepreneuriat et la cohésion sociale.
« L’Ituri ne doit plus être un champ d’expérimentation politique ou un butin pour quelques-uns », affirme-t-il, appelant les jeunes à ne pas se laisser diviser par des « calculs politiciens ».
À travers cette déclaration, l’ancien député national honoraire place ainsi la question du retour des déplacés, de la sécurisation des zones d’origine et de la responsabilité des différents acteurs au centre du débat sur le processus de stabilisation de l’Ituri.
Justin-Joël Maraeki.
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