Face à la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo et aux tensions politiques, Rachid-Modeste Tubayaku Kalisa, jeune leader et politologue de formation, appelle Félix Tshisekedi et Joseph Kabila à privilégier un dialogue national pour éviter une aggravation de la situation.
La République démocratique du Congo est à la croisée des chemins. Alors que la crise sécuritaire continue de fragiliser l’Est du pays, les divisions politiques au sommet de l’État constituent, aux yeux de certains observateurs, un obstacle supplémentaire à la recherche d’une issue durable. Dans une tribune intitulée « Le pays va brûler, et ce ne sont pas vous les victimes », Rachid-Modeste Tubayaku Kalisa interpelle directement le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur, Joseph Kabila, les exhortant à dépasser leurs différends au nom de l’intérêt national.
Pour cet auteur, la crise congolaise ne saurait être analysée uniquement sous l’angle militaire. Il estime que les blocages politiques à Kinshasa participent également à la fragilisation du pays, alors que les populations de l’Est continuent de subir les conséquences des violences armées.
Tshisekedi appelé à ouvrir l’espace politique
S’adressant au président Félix Tshisekedi, Rachid-Modeste Tubayaku Kalisa critique le refus du dialogue national et considère que cette posture risque d’accentuer les divisions au sein de la classe politique congolaise.
Il met notamment en cause les conséquences politiques de l’arrangement conclu en 2018 entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, estimant que les tensions issues de cette séquence politique continuent de peser sur la stabilité du pays.
L’auteur invite ainsi le chef de l’État à favoriser l’apaisement, à promouvoir un dialogue inclusif et à prendre des mesures permettant de décrisper le climat politique. Il plaide également pour la libération des personnes qu’il considère comme des prisonniers d’opinion.
Dans son argumentaire, il présente le dialogue non pas comme une concession à l’opposition, mais comme une démarche de responsabilité face aux multiples défis auxquels le pays est confronté.
Kabila mis en garde contre l’option des armes
L’ancien président Joseph Kabila n’échappe pas aux critiques de l’auteur. Rachid-Modeste Tubayaku Kalisa estime que la recherche d’un changement politique par la voie des armes ne saurait constituer une solution durable à la crise congolaise.
Il s’inquiète notamment de la création du Front de résistance nationale (FRN), qu’il associe à Joseph Kabila ainsi qu’à Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga. Selon lui, cette orientation risque de compromettre davantage les perspectives de paix et de fragiliser la stature politique de l’ancien chef de l’État.
L’auteur pose ainsi une question centrale : quelles seraient les conséquences humaines d’une nouvelle escalade militaire, notamment dans les zones déjà meurtries par les conflits ?
Pour illustrer son inquiétude, il évoque les populations du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, qui paient depuis des années un lourd tribut aux violences armées. Son message est sans équivoque : les premières victimes d’une aggravation de la crise ne seraient pas les dirigeants politiques, mais les civils, contraints de vivre dans l’insécurité, le déplacement et la précarité.
Le dialogue national, une urgence politique ?
Au-delà de ses interpellations adressées aux deux anciens et actuel chefs de l’État, Rachid-Modeste Tubayaku Kalisa défend l’organisation d’un dialogue national qu’il souhaite débarrassé des calculs politiques, des conditions préalables et des ambitions personnelles.
À ses yeux, le pays ne peut durablement sortir de la crise si ses principaux acteurs continuent de privilégier la confrontation au détriment de la recherche de compromis.
Cet appel intervient dans un contexte où la question du dialogue politique demeure étroitement liée aux enjeux de souveraineté, de sécurité nationale, de cohésion sociale et de restauration de la paix dans l’Est de la RDC.
Toutefois, les conditions d’un tel dialogue, ses participants, son agenda et les garanties nécessaires à sa crédibilité restent des questions déterminantes. La recherche d’une solution politique ne saurait, par ailleurs, se substituer aux responsabilités liées à la protection des populations civiles et au respect de la souveraineté nationale.
« Faites-le pour le Congo, pas pour vous »
En conclusion de sa tribune, Rachid-Modeste Tubayaku Kalisa lance un appel direct à Félix Tshisekedi et à Joseph Kabila : dépasser leurs rivalités et placer l’avenir du pays au-dessus de leurs intérêts respectifs.
Son avertissement repose sur une conviction : si les dirigeants ne parviennent pas à privilégier une issue politique, le peuple congolais risque de supporter une nouvelle fois les conséquences d’une crise dont il n’est pas responsable.
Reste à savoir si cet appel au dialogue trouvera un écho auprès des principaux acteurs politiques congolais. Car, au-delà des déclarations et des rapports de force, l’enjeu demeure celui de la paix, de la stabilité institutionnelle et de la protection de millions de Congolais exposés aux conséquences de l’insécurité.
Justin-Joël Maraeki
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