Cet appel à la journée ville morte lancé par l’opposition C-64 pour le 3 juin 2026 n’est pas un fait divers explique l’analyste et acteur politique Tubayaku Kalisa Rachid-Modeste. Pour lui, il s’agit là d’un premier acte visible d’un bras de fer sur l’avenir constitutionnel du pays. »L’opposition accuse le pouvoir de vouloir passer en force une loi référendaire pour ouvrir la voie à un troisième mandat. Qu’on adhère ou non à cette lecture, le signal est clair : la question constitutionnelle redevient le cœur de la crise politique. En contexte d’état de siège et de guerre à l’Est, toucher à la Constitution sans consensus national est explosif » prévient-il. Avant de poursuivre, qu’en décrétant une ville morte, l’opposition joue deux cartes à savoir « La mobilisation populaire pour montrer qu’elle existe hors du Parlement mais aussi la délégitimation du processus en le qualifiant de “rébellion contre la nation” et de “complot avec Kigali” fait remarqué M. Tubayaku. En d’autres termes, l’acteur politique Tubayaku Kalisa estime que c’est efficace sur le plan rhétorique, mais risqué si la mobilisation échoue car le pouvoir en sortira renforcé »…le gouvernement ne peut pas céder sur le fond sans perdre la face. Il va donc jouer la carte légale et sécuritaire car la procédure parlementaire est « respectée », des appels au calme et fermeté face à tout trouble pourront être lancés. L’objectif étant de faire passer la journée du 3 juin pour un coup d’épée dans l’eau mais une chose est sûre prévient encore l’analyste politique « Le danger n’est pas la ville morte elle-même, mais ce qui peut suivre notamment la répression, l’infiltration, et l’instrumentalisation communautaire surtout dans l’Est surtout que la ligne est fine entre protestation politique et déstabilisation » soulignet-il. Le 3 juin sera donc un test de rapport de force. Le gagnant ne sera pas celui qui aura le plus de monde dans la rue, mais celui qui imposera son récit le 4 juin. La RDC n’a pas besoin d’un nouveau cycle de confrontation stérile. Elle a besoin d’un débat constitutionnel transparent, inclusif et pacifique. La balle est dans le camp des deux côtés.
Rédaction.
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