À l’occasion de la Journée internationale de la coopération policière, la société civile de Djugu a tiré la sonnette d’alarme. Le 11 septembre, elle a dénoncé le vide sécuritaire dans plusieurs localités du territoire et le dénuement des policiers déployés sur le terrain.
Le tableau est sombre. Selon la société civile, « des localités comme Tse, Logo Takpa, Joo et Kparnganza ne disposent d’aucun effectif de la Police Nationale Congolaise. Aucune présence, aucune patrouille », a expliqué Charité Banza coordonnateur de la société civile surplace.
Le cas le plus préoccupant est celui de Bule. « Plus de 50 000 déplacés y amorcent un retour progressif dans leurs villages d’origine. Mais ce retour se fait sans aucun encadrement policier. Au total, plus de 60 sites de déplacés à travers Djugu seraient concernés par cette absence ».
Une police à bout de souffle
Face à ces critiques, le commissaire divisionnaire Ngoy Sengelwa a rappelé la doctrine : la priorité est la protection des plus vulnérables.
« En Ituri, la personne vulnérable, c’est cette femme victime de violences, cet enfant enrôlé de force, ce déplacé qui a tout perdu. Notre premier devoir, c’est de les protéger », a-t-il insisté.
Le responsable policier a toutefois reconnu les limites opérationnelles et appelé les partenaires à soutenir les efforts du gouvernement pour doter la police en moyens logistiques.
Le problème ne se limite pas à Djugu. Les mêmes doléances sont signalées à Mambasa et à Irumu, où les populations réclament depuis des mois le déploiement effectif d’unités de police.
Pour les acteurs locaux, la question est centrale : sans police de proximité équipée et fonctionnelle, il ne peut y avoir ni retour durable des déplacés, ni restauration de l’autorité de l’État.
Muhindo Joseph
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