C’est une première qui marque une escalade majeure. Les rebelles de l’AFC/M23 ont frappé lundi 28 septembre l’aérodrome stratégique de Pinga, en territoire de Walikale, à l’aide d’un drone kamikaze.
Selon des sources concordantes dans la région, confirmées par l’armée, l’attaque a visé à 9h00 du matin une position des FARDC située à l’intérieur de l’aérodrome de Pinga.
Le bilan humain et matériel de cette première frappe reste inconnu à ce stade, mais l’impact psychologique est considérable.
Les mêmes sources rapportent un second survol quelques minutes plus tard. » Au retour du drone pour une mission de reconnaissance, les FARDC ont ouvert le feu nourri avec des armes lourdes pour tenter de l’abattre. Ces détonations ont semé la panique générale dans la cité.
Plusieurs établissements scolaires ont libéré en urgence leurs élèves. Commerçants, fonctionnaires et cultivateurs ont fui leurs lieux de travail pour regagner leurs domiciles. Pendant plus de deux heures, les activités socio-économiques ont été totalement paralysées avant un retour progressif au calme en début d’après-midi », a expliqué Vyaney Gloire de la société civile noyau de Walikale.
Pourquoi Pinga est stratégique ?
Cette frappe n’est pas anodine. Pinga est un verrou stratégique : »(…)
- Carrefour militaire : Située à la lisière entre Masisi, Walikale et Lubero, elle contrôle la route d’approvisionnement vers le Grand Nord.
- Aérodrome vital : Sa piste est l’unique porte d’entrée pour le ravitaillement des troupes et l’aide humanitaire dans une zone enclavée et sans route praticable en saison des pluies.
- Symbole de résistance : Pinga n’a jamais été sous contrôle total de l’AFC/M23 depuis la reprise des hostilités »(Ndlr), a-t-il rapporté.
En frappant Pinga par drone, l’AFC/M23 démontre deux choses : sa capacité à étendre son rayon d’action à plus de 100 km de ses positions avancées autour de Kibua, et sa volonté de couper les lignes logistiques des FARDC et des Wazalendo avant une éventuelle offensive terrestre.
Cette attaque intervient dans un contexte particulièrement tendu, alors que la société civile de Masisi fait état de plusieurs frappes de drones kamikazes ayant tué au moins 8 civils ces 4 derniers jours sur les axes Masisi-Walikale, dont une femme et un enfant à Kaleta-Bitoyi.
Une nouvelle phase de la guerre se dessine, où le ciel devient le principal champ de bataille.
Muhindo Joseph
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