L’ancien ministre congolais de la Santé publique et député national élu de l’espace Grand Équateur, le Dr Jean-Jacques Mbungani, tire la sonnette d’alarme face à l’évolution de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Dans une publication consacrée à la situation épidémiologique au 20 octobre 2026, il met en garde contre la progression des contaminations et des décès, tout en appelant à revoir le discours officiel sur le contrôle de l’épidémie.
Selon les chiffres qu’il rapporte, la RDC comptait, au 20 octobre, 9 704 cas confirmés et 4 687 décès, contre respectivement 9 552 cas et 4 602 décès deux jours plus tôt. Cette évolution représente une augmentation de 152 cas confirmés et de 85 décès en 48 heures. Des données que le parlementaire considère comme préoccupantes et qui, selon son analyse, remettent en question l’hypothèse d’une stabilisation durable de l’épidémie.
Le Dr Jean-Jacques Mbungani s’interroge notamment sur l’annonce, faite quelques semaines auparavant, d’un possible pic épidémique. Il évoque une recrudescence des nouvelles contaminations, avec 97 cas signalés le 18 octobre, ainsi que 30 décès communautaires enregistrés en 24 heures, selon les informations qu’il avance. Pour lui, ces décès survenus en dehors des structures de prise en charge illustrent les difficultés liées à la détection précoce des malades et au contrôle de la transmission au sein des communautés.
L’ancien ministre pointe également les faiblesses du suivi des contacts, qu’il estime à 76,9 % au niveau national et à seulement 26 % à Bunia, selon les données qu’il cite. Une situation qui, à ses yeux, compromet les efforts de riposte, particulièrement dans les zones où la surveillance épidémiologique demeure insuffisante.
Au-delà des frontières congolaises, le Dr Mbungani attire l’attention sur les risques de propagation internationale. Il fait notamment référence aux situations signalées au Kenya et au Nigeria, ainsi qu’au passage de voyageurs par l’Ouganda. Il estime que ces développements doivent inciter les pays concernés à renforcer la surveillance sanitaire et les dispositifs de prévention aux points d’entrée.
Dans son analyse, la crise ne se limite pas à la dimension sanitaire. Le parlementaire évoque plusieurs facteurs susceptibles de compliquer la riposte, notamment l’absence de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo, les risques auxquels sont exposés les personnels soignants, l’insécurité dans certaines zones et la méfiance d’une partie de la population envers les équipes sanitaires. Il souligne également les difficultés logistiques et les contraintes d’accès aux structures de prise en charge.
Face à cette évolution, le Dr Jean-Jacques Mbungani appelle à adapter les stratégies de riposte à la réalité du terrain. Il préconise notamment un renforcement des moyens dans les zones enregistrant une hausse des contaminations, une préparation accrue de Kinshasa face au risque d’importation de cas et une plus grande transparence dans la communication des données épidémiologiques.
Pour l’ancien ministre, la surveillance active, l’isolement des malades, le suivi rigoureux des contacts et la diffusion d’informations fiables demeurent essentiels pour freiner la transmission du virus.
Cette alerte relance ainsi le débat sur l’évolution de l’épidémie et sur l’efficacité des mesures de riposte. Les chiffres et les affirmations avancés dans cette publication doivent toutefois être rapprochés des données officielles actualisées des autorités sanitaires, notamment pour apprécier la situation réelle dans les différentes provinces et l’ampleur du risque de propagation transfrontalière.
Justin-Joël Maraeki
![]()
