L’épidémie d’Ebola qui frappe l’Ituri n’est plus traitée comme une simple flambée sanitaire, ce jeudi 18 juin 2026, lors d’un briefing à l’esplanade du gouvernorat de la province de l’ituri à Bunia, la vice-Première ministre en charge des Affaires Sociales, Actions Humanitaires et Solidarité Nationale, Ève Bazaiba, l’a requalifiée : « urgence humanitaire majeure ».
Une étiquette qui tombe au pire moment, Selon la ministre, cette crise sanitaire n’était même pas inscrite dans le budget humanitaire 2026. Elle s’ajoute à une pile de défis déjà en cours.
« Ebola s’impose aujourd’hui comme une urgence humanitaire majeure, absente de nos prévisions de départ. Sa gestion va donc reposer sur la solidarité nationale et sur la coordination de mon ministère », a martelé Ève Bazaiba.
15 millions de besoins, 7,3 millions ciblés
Le CNCAH avait déjà tiré la sonnette d’alarme fin 2025 : la situation humanitaire en RDC allait se tendre.
Bilan prévisionnel : plus de 15 millions de personnes à assister cette année, hors nouvelles crises comme celle d’Uvira.
Faute de moyens, Kinshasa a dû prioriser. Résultat : 7,3 millions de Congolais pointés comme cas d’urgence absolue. Facture estimée : environ 1,4 milliard USD.
Le gouffre financier
Le vrai coup dur, c’est la caisse vide. La ministre dénonce un « décrochage sans précédent » des bailleurs historiques. Les États-Unis ont coupé le robinet. Le Royaume-Uni a drastiquement réduit son aide.
Or ces deux pays finançaient à eux seuls près de 85% de l’humanitaire en RDC : 70% pour Washington, 15% pour Londres. Autrement dit, 85% du budget classique a disparu.
Cap sur de nouveaux partenaires
Pour combler le vide, Kinshasa courtise d’autres alliés. L’Allemagne a répondu présent, d’autres pays suivent. À ce jour, 417 millions USD ont été promis. Mais l’argent n’est pas encore décaissé.
Prochaine étape : une table de concertation avec les partenaires pour verrouiller les priorités et accélérer le déblocage.
Le gouvernement promet la transparence totale via les plateformes de l’OCHA. En Ituri, pendant ce temps, Ebola progresse sur un terrain déjà miné par l’insécurité et les déplacés. L’appel est lancé : sans mobilisation nationale et internationale rapide, la province risque l’asphyxie.
Jeremiah UPAR
suivez nous sur www.rtavenirituri.com
![]()
