À Bunia, l’enregistrement des naissances demeure un défi majeur qui interpelle autant les autorités que la population. Malgré les dispositifs légaux en vigueur, de nombreux parents continuent d’éprouver des difficultés à déclarer leurs enfants dès la naissance, principalement par manque d’information sur leurs obligations. Face à cette réalité préoccupante, les autorités judiciaires haussent le ton. S’exprimant au micro de la Radio Télé Avenir Bunia ce mercredi 25 mars 2026, le président du Tribunal pour enfant de Bunia, Monsieur Maliem Muyalu Valentin, a tenu à rappeler avec fermeté le cadre légal qui encadre cette question cruciale. Selon lui, l’enregistrement de la naissance n’est nullement une option laissée à l’appréciation des parents, mais bien une exigence légale. « Le fondement repose notamment sur la loi portant protection de l’enfant, en son article 14, alinéa 1 et 2 ainsi que sur le Code de la famille dans ces articles. Ces deux textes obligent que chaque enfant ait une identité dès sa naissance et que celle-ci soit déclarée à l’état civil », a-t-il expliqué. Autrefois fixé à 30 jours, le délai légal de déclaration a été étendu à 90 jours, soit trois mois, afin de permettre aux parents de se conformer plus facilement à cette obligation. Une démarche qui, précise-t-il, est gratuite lorsqu’elle est effectuée dans le délai légal. L’État civil délivre alors un acte de naissance, document essentiel permettant à l’État de recenser les naissances sur toute l’étendue du territoire. Cependant, en cas de dépassement du délai, la procédure se complique. Les parents doivent recourir à un jugement supplétif auprès du tribunal pour obtenir un acte de naissance. Une démarche cette fois payante, bien que des mécanismes d’indulgence existent pour les familles démunies. « Les parents sans moyens peuvent solliciter une attestation d’indulgence auprès du président du tribunal afin d’être exemptés des frais », a précisé le président du tribunal pour enfant de Bunia. Au-delà de son caractère administratif, l’acte de naissance revêt une importance capitale sur le plan juridique et social. Il établit le lien de filiation entre l’enfant et ses parents, garantissant ainsi ses droits, notamment en matière d’héritage. « Sans ce document, il devient difficile, voire impossible, de prouver la parenté, surtout après le décès des parents », a averti Monsieur Maliem Muyalu Valentin. Dans un contexte où de nombreux enfants restent encore “invisibles” aux yeux de l’administration, les autorités appellent à une prise de conscience collective. « Aimer son enfant, c’est aussi déclarer sa naissance à l’état civil », a-t-il conclu. Amos ALIMA Partager
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